Roth 2008 --> Ma course
Bon ç'était il y a 7 jours (à cette heure-ci j'étais sur mon vélo) il est temps de vous faire part de ma petite histoire à Roth.
Vendredi 11/07/08 :
10h30 départ de chez nous, il fait beau. Vers 12h30 on casse la croute sur une aire d'autoroute en allemagne à l'ombre (donc soleil). On arrive chez Frau Monika vers 15h00 avec toujours le beau temps. Le temps de décharger et un gros orage éclate. Vers 16h00 la pluie s'arrête et on va au site d'arrivée pour retirer le dossard. D'abord un tour au village d'exposant. D'abord des pneus, je tombe sur une bonne affaire, la paire de Michelin Pro² race light à 35 euros... j'en prends 4 paires. Puis j'avais dans l'idée de me prendre un casque type chrono avec lunettes intégrées donc je fouine et je trouve un Louis Garneau avec trous d'aération sur le devant... et je l'achète.

Vers 17h30 on va retirer nos dossards. Il y a du monde mais une file est réservée pour les triathlètes Français et autres étrangers francophones donc ça va assez vite. C'est une 1ère pour ma femme Audrey et André, qui signent pour leur 1er triathlon distance ironman.


Vers 19h00 on va à la pasta party.... gigantesque. Ma famille est venue donc tous à la pasta et on s'est bien mis le compte de sucre lent et même rapide.


Samedi 12/07/08 :
Réveil à 8h00. Petit déj et sortie vélo de 1 heure sous la pluie. On rentre trempé.
A 11h on se rend au briefing des Français, c'est Guy Hemmerlin qui anime. On retrouve toute la clic de la Wantz.
A 12h30 repas nouilles à l'appart. Ensuite préparation du vélo.



A 15h00 on se rend au parc à vélo pour dépôt des bêtes de course... et il pleut.
A 20h00 repas nouilles.
A 21h00 on est au lit pour une bonne nuit de sommeil.
Dimanche 13/07/08 :
Il est 3h50 dimanche matin le 13/07/08 lorsque nous nous levons. Petit déj en équipe avec Audrey, André et Ludo. On se partage le gatosport. On décide de prendre la navette de Roth au site de départ ce qui nous évitera de chercher la voiture le soir.
A 4h30, on quitte le logement avec les 2 voitures en direction de Roth (10 km) . Il pleut. On cherche une place de parking, puis on se dirige vers le site d'arrivée à la recherche des fameuses navettes que jamais nous ne trouverons. Il n'y avait aucun panneau pour nous indiquer le chemin. Comme le départ d'Audrey et à 6h20, on décide d'y aller finalement en voiture. Et ô bonheur, de retour dans la voiture Ludo me tend mon petit sac avec les chaussures de vélo que j'avais oublié dans sa voiture (on s'était garé dans un endroit sans lumière et avec le speed...).
A 5h30 nous sommes à Hilpolstein (ville de départ). Là c'est une vraie procession. Tout le monde se dirige vers le canal. Pas beaucoup de bruit, tout le monde est concentré. Il faut environ 1/4 d'heure de marche pour arriver au parc à vélos. Nous allons nous faire marquer sous la tente (N° de dossard + lettre de la catégorie sur le mollet. pour moi "935" et "D"). Chacun se dirige ensuite vers sa monture pour retirer la housse jaune du sponsor officiel "Quelle". Tout est mouillé et il pleut. Ce qui est sympa, c'est qu'on est tous (les potes de la Wantzenau) dans le même coin donc on se rassure et on se détend.
A 6h20 j'assiste au départ de la vague pro+feminines+sub 9. Ils sont 400, c'est la plus grosse vague.
A 7h05 c'est mon tour (2ème vague amateur). Je me place en 1ère ligne. Il faut faire un peu de surplace dans l'eau qui a une bonne température. La corde est levée, j'appuie sur mon cardio et GO. Ca part assez fort, je vois 3 ou 4 bonnets verts sur ma droite, ils me serviront de repères. Au 1er demi-tour je suis toujours avec les même guss (j'ai déjà rattraper la vague précédente). Pour le retour, je décide de rester avec eux. Je nage en 2 temps avec respiration sur le coté droit. J'ai des frottements sur mon coup mais tant pis il ne faut pas faiblir. On rattrape la vague de 6h55 ce qui me fait faire un peu de slalom. Avant le 2ème demi-tour j'accélère un peu pour me détacher. En sortant de l'eau je regarde ma montre et vois 54'58"... ~4 minutes de moins qu'en 2007, oh punaise la journée commence bien.
En courant je récupère mon sac avec les affaires vélos et m'assois sur un banc sous la tente pour me changer. En fait je reste en shorty + singlet, je mets des chaussettes, les chaussures, et un coupe vent. Puis il faut ranger la combi et le reste. Ensuite direction le vélo au petit train. Casque en place et c'est parti.
Il pleut bien là. Ca va être chouette ! 1km après le départ on passe sur le pont du canal et mon père est là malgré la pluie... merci. J'ai tout de suite un bon rythme car je veux faire un truc aujourd'hui. 1er patelin Eckersmühlen (c'est là que se met habituellement plein de monde avec des tables et des bières) et pschittt pschittt... j'ai crevé ma roue avant après seulement 4km. Mince alors. Bon heureusement je suis dans un village et il y des endroits propres pour réparer. J'ai un boyau de rechange sous la selle et opère le plus calmement possible (je n'ai changé de boyau que 2 fois dans ma vie). Je regonfle au CO2, laisse mon boyau percé sur place et ça repart. Quelques minutes de perdues et à minima celles que j'ai durement gagnées dans l'eau. En repatrant je sens de grosses vibrations à l'avant, et M.... le boyau n'est pas aligné. Je me dit que je ne pourrai pas rouler comme ça sur 180 bornes. Finalement je persiste et ça va mieux après quelques km, il s'est mis en place. J'ai un peu d'apréhension dans les premiers virages... est-ce que le boyau va tenir ? Sur les 1ers km il y a pas mal de coureurs sur la route. Ja double pas mal de monde. Et au km 17,5 alors que je reviens sur un groupe (enfin après coup c'est comme ça que je l'interprète), un arbitre se met à ma hauteur et me tend un carton noir... je lui dis "Mich ?". Il me fait arrêter et me dit que je dois me rendre dans la prochaine zone de pénalité pour prendre mes 8 minutes, et vu le ton employé ce n'est pas la peine de discuter. Et Re-M.... c'est pas possible, je pense à tout cet entrainement gâché par de la malchance et un gros c......d qui me sanctionne pour un quelque chose que je ne méritais absolument pas. Le drafting ne fait pas partie de ma philosophie, c'est mon 1er carton depuis que je fais du tri. Je repars le mors aux dents pour ne pas perdre encore plus de temps. Il aurait peut-être pu me m'avertir d'abord, mais non ! Au km30 je suis enfin arrivé dans la zone. Je me présente à l'arbitre qui me place un garage. Il arrive doucement et démarre alors son chrono, c'est parti pour 8 minutes d'attente. Je suis au sec, et peux me ravitailler. Mon vélo est garé dehors. Je dois signer la feuille de pénalité et l'arbitre me barre le dossard d'un trait rouge. Je lui demande pourquoi, il me répond que c'est pour les arbitres voit que j'ai déjà été sanctionné et que je suis potentielement un fraudeur... ben mince alors. Et debout dans mon garage je peux voir des drafteurs qui ne sont pas inquiétés (par drafteurs j'entends des gens qui restent volontairement dans l'abris du coureur qui le précède sur une durée prolongée). La peine purgée je remonte sur mon vélo et c'est reparti. Autant avant la pluie ne me genait pas, autant là je suis gelé. Mes dents claquent, mes bras sont tétanisés, les musclent bougent tout seul. Vivement la prochaine bosse pour me réchauffer.
Le 1er passage dans la mythique montée du Solarberg à Hilpolstein est difficile car c'est le bouchon. Le passage est tellement étroit par moment quil faut rester derrière les concurents moins rapide et attendre. La foule est présente malgré la pluie. Les parapluies sont déployés mais ils encouragent quand même. Une ambiance du tonnerre. Et puis après la foule, mon père est là... toujours à braver les intempéries pour nous suivre sur le parcours... chapeau Papa, il fallait aussi du courage pour être spectateur, encore plus que les coureurs qui eux ont payé pour y être.
La route est détrempée et chaque virage est un piège. Il faut tout controler à l'avance pour ne pas se faire surprendre par une glissage qui pourrait tout gâcher. Les descentes se font à vitesse controlée pour ne pas finir dans le virage. Bref cette partie vélo n'est pas agréable d'un point de vu pilotage.
Au km 70, quelqu'un me crie après pour m'encourager. Je dis Merci sans savoir qui s'est et sans me retourné. Quelques mètres plus loin c'est Herminator qui se met à ma hauteur... "ah c'est toi". Mathieu m'explique qu'il est frigorifié et qu'il veut abandonner. J'essaye de lui remonter le moral mais à priori il n'y a rien à faire. Ok ciao à ce soir et je reprend ma vitesse de croisière. Un peu plus loin (km74) c'est ma femme que je reconnais au dernier moment "Vas-y Audrey" et pas le temps de m'attarder, je poursuis.
La suite du parcours se déroule sans changement, toujours un bon rythme et toujours sous la pluie. Contrairement à l'an dernier où les crampes se sont fait ressentir vers le km150, là je finis bien.
La transition N°2 se fait sans encombre, efficace grace aux bénévoles dévouées. Bonne nouvelle, la pluie a cessé de tomber.
Je pars en cap sur un bon rythme. Mon porte dossard se dénoue et tombe 3 fois, jusqu'à ce que je fasse un noeud. Dés qu'on a quitté la partie urbanisée je fais ma pause pipi. Je surveille mes passages au km et mon cardio. Objectif ne pas dépasser les 80%. Les km passent en moins de 5' et je suis bien. Je dépasse un max de monde sur le 1er 10 qui est avalé en 48'00". Là ça se complique j'ai des maux de ventre qui se font de plus en plus présents. Un stop en forêt s'impose avant le passage dans le village suivant. Sur le retour du 1er semi au km15 je croise Eric qui lui est au km9, il est le 1er de mes poursuivants. Ensuite viendront André, Jean, Michel, Fabrice et Audrey que je croise vers le km18. Je passe le 1er semi en 1h45'. Mes douleurs ventrales me pèsent de plus en plus (3-4 arrêts seront encore necessaires pour finir la course). Je n'arrive plus à courrir qu'à 70% de la FCM. Ma foulée se dégrade. J'arrive encore à dépasser quelques unités mais je suis moins rapide. Ma vitesse au km est maintenant bien supérieure à 5'. Au km27 on entamme une montée sur un faux plat qui brule les jambes jusqu'au km30. Ensuite ça redescend par le même chemin. Je m'arrête à chaque ravito pour boire un verre de boisson énergétique ou coca plus un verre d'eau. Je prends aussi un morceau de fruit, pastèque ou pomme. Le cardio ne monte plus qu'à 60%. Au km32, il reste 10km à parcourir et ma montre indique 9h05 de course. Il est encore possible de passer sous la barre des 10h si je cours à 5'30" au km. Un arrêt forcé en forêt vers le 33è et un autre vers le 39è vont me coûter les précieuses secondes qu'il me manquera sur la fin mais je n'avais pas le choix. Il reste encore 3 km lorsque la pluie fait sa ré-apparition. D'abord quelques gouttes puis des trombes d'eau. Pour moi c'est presque fini mais j'en croise plein pour qui ce n'est que le début d'un grande galère. Je sais déjà depuis qques km que je n'aurai plus ces fameux 10h. A l'approche du stadium, on entend l'ambiance de feu qui nous attend. Je fais encore le forcing sur la fin et termine en 10h00'58". 59 secondes de trop, mais bon après tout ce qui m'est arrivé, je suis hyper satisfait de ma course et je connais de nouvelles limites qui me seront utiles pout les épreuves suivantes.
Je suis hyper content de ma perf en natation. Sans mes soucis lors du vélo j'aurais fait au moins aussi bien que l'an dernier. Sans mes maux de ventre, la course à pied aurait été encore plus belle.
Mais bon ne broyons pas du noir, j'ai progressé et la prochaine fois ça se passera forcément beaucoup mieux.
Merci à tous mes supporters pour leur soutien.
UN GRAND BRAVO A TOUS LES FINISHERS DU CLUB, QUI EN PLUS DE FINIR ONT FAIT DE BELLES PERFORMANCES. Sur 13 Wantzenauviens à avoir franchi la ligne d'arrivée, 7 on fait là leur 1er distance ironman.