Triathlon LD Embrunman 15/08/2006

Publié le par Alain

CET ARTICLE N'EST PAS ENCORE FINI... patience. Màj le 26/10/06.

EMBRUNMAN --> mon défi pour 2006 et Objectif atteint. Mon nom est inscrit au tableau des finishers de cette course mythique avec un classement et un temps bien modeste mais ce n'est pas grave, mon but est atteint.

3800m de nage + 185km de vélo + 42,195km de course à pied.

Préambule :

Ce sont les distances classiques d'un "ironman" avec de la belle bosse en plus, car du plat il n'y avait pratiquement pas, et du vent pour corser un peu la chose.

Moi ce qu'il me reste de cette course c'est cette ambiance magique avec ce public extraordinaire, qui du matin au soir, de la nuit à la nuit, et même sous la pluie, est resté sur le bord de la route pour nous relancer et nous remotiver. Ce public, c'était des gens de passage et beaucoup de gens du cru, qui sétaient installés devant leur maison dans les villes comme dans les lieu-dits perdus, qui ont pris leur jour férié pour applaudir... et on en avait besoin.

L'histoire de mon embrunman 2006 commence en 2005 lorsque pendant la préparation du triathlon de la Wantzenau je lance à mes collègues que j'ai une sacré envie de le faire en 2006. Je demande à tout le monde s'ils sont intéressés. Beaucoup me prennent pour fou, d'autres ne disent pas non, et pour quelques uns c'est un oui franc...comme Gilbert. Au fil des semaines, des mois, et de la pression que je mets sur mes camarades de jeu, on arrive tout de même à former une équipe de 10 et je fais un envoi groupé des inscriptions au mois de Mai 2006.

Les sorties vélo se durcissent aux fur et à mesure des mois qui passent et enfin la date du Mardi 15/08/06 n'est plus qu'une question de jours.

Je suis descendu à Savines le lac le Dimanche matin, en famille (c'est à 12km d'Embrun), on a un logement pour la semaine. Je prends mon vélo et je vais au retrait des dossards dimanche après-midi à 16h30 dans la salle des fêtes d'Embrun. A cette heure-ci il y a beaucoup de monde à faire la queue, environ 10 personnes par fil (il y a 2 fils, suivant le nom de famille). Il faut laisser une caution de 20? pour la puce, ensuite présenter sa licence, et on reçoit un sachet avec 1 Tshirt, 1 bonnet de bain, les dossards, la plaque de vélo, une compote, une sucette choupa-chups et un bracelet bleu "Embrunman" qui servira de laisser passer au parc à vélo. Je rencontre Claude, Olivier, Laurent et Ludovic.

Lundi il faut déposer les vélos dans le parc avant 17h00. Ce que je fais sans avoir au préalable équipé mon vélo d'une trousse d'écolier (achété 1?, là ou on vous vend des choses ridicules estampillées Ironman à 15?), et de la plaque sur le cadre. Tout est réglé et huilé.

Lundi à 17h00 c'est le briefing au car podium "scott". Ca dure une bonne heure durant laquelle on nous expose les différents parcours avec les entrées et les sorties du parc à vélo en Français puis en Anglais... et on peut dire que ça n'était pas très explicite pour nous car aucun plan, rien de concret pour nous montrer mais on n'était quand même mieux lotis que les étrangers qui n'ont du rien comprendre car la traduction était improvisée en directe par une étudiante qui ne connaissait pas les termes techniques du triathlon. Etienne Caprin (champion handisport) nous annonce qu'il va se faire filmer pendant sa course. On est à la veille du départ et on fait une séance photos avec nos T-shirts du défi 2006 de la Wantz, l'ambiance est décontractée... en apparence. Car moi sous mes airs de roc, se cache un petit corps fragile qui déjà depuis hier me créé des dérangements intestinaux... le stress est là.

Bon on rentre au bercail et au dîner c'est pasta partie bien sur. Ensuite je prépare tout le matoss. Comme je n'ai pas eu tellement d'info sur le ravitaillement et les quantités, je prévois large et varié. Pour la trousse sur le vélo je prévois des barres de céréales et des biscuits apéritifs salés. Pour mes poches je prépare trois gels et 7 barres de céréales variées. Dans ma sacoche, je glisse 2 chambres à air, des rustines, 1 dérive chaîne, 1 multi-outils, 1 maillon rapide, les demonte-pneu et ma carte vitale comme préconisé par le règlement. Dans mon sac que je laisserai au parc à vélo je mets 3 gels, et quelques barres de céréales que je prendrai lors de mon changement de tenue pour la cap. Je prépare aussi un sandwich avec beurre, jambon et fromage de chèvre (longueur environ 30cm), que je mettrai au ravitaillement au sommet de l'izoard avec 1 paquet de chips. Dans le sac je mets aussi mes 3 tenues, combi, cycliste et shorty+singlet et 2 serviettes. Je prévois de me changer entièrement après chaque épreuve. Il est 23h00 passé lorsque je vais me coucher. Ma montre sonne à 2h40 pour encore manger une assiette de pâtes. Je me recouche avant 3h00.

Résumé de ma Course :

Réveil définitif à 4h30. Je prépare mes bidons avec de l'isostar bien tassé dans l'un et plus dilué dans l'autre. On quitte le logement à 4h55 sous un ciel absolument clair... les étoiles scintillent de partout et c'est magnifique. Par contre ça caille bien, il fait à peine 6°C et je suis en survêtement. On est sur place à 5h10 et le parking est déjà bien complet. On arrive à se garer tant bien que mal. Je débarque avec mon chargement et mon bracelet au poignée. Avant de rentrer dans le parc on me marque d'un feutre noir comme d'hab sur le mollet et l'épaule.

Dans le parc nous sommes au 12ème rang je crois, et je suis à la 2ème place entre Olivier et Robert. Chacun dispose d'une chaise et les vélos sont accrochés à coté verticalement par le tube de selle sur des barrières. Il y a déjà beaucoup de monde, et Thierry, Robert, Gilbert et Ludovic sont déjà là. Je commence à mettre mes affaires en place et dans l'ordre des épreuves. J'emprunte la pompe de Ludo et fais la pression de mes pneus. J'enfile ma combi et là pieds nus sur le gravier humide et froid ce n'est pas agréable. Je vais porter mon ravitaillement de l'izoard à l'entrée du parc à vélo où c'est mis dans un sachet avec le numéro de dossard et classé par ordre. Retour à mes affaires et l'heure passe, je me rends compte que je n'ai même plus le temps d'aller me mouiller. J'ai envie d'aller faire pipi mais il y a une longue file devant chaque cabine WC et faire à coté avec tout le public qu'il y a ce n'est pas possible. Tant pis je ferai plus tard. Je mets de l'antibuée dans les lunettes et on y a va avec les collègues. Ma femme m'encourage une dernière fois. Quelqu'un me donne un peu d'eau pour rincer mes verres et je perds les autres. Je me retrouve au milieu de la foule dans la nuit noire, sur l'herbe glacée du lieu de départ. Tout le monde se met à taper dans les mains pour le décompte des dernières secondes et la corne de brume indique déjà le départ. La meute de plus de 920 personnes s'élance. J'appréhendais la rentrée dans l'eau, mais finalement l'eau étant plus chaude que l'air, ça se passe bien. Les bouées sont surmontées d'une lumière. La première, qui est à environ 250m, est bien visible. On retrouve l'ambiance des départs traditionnel avec quelques coups de poing et talon mais bon il faut trouver sa place et son rythme. Au passage de cette première bouée on passe à environ 5 mètres d'un gué d'où on distingue des silhouettes et on entend des encouragements. La suivante est à 250m aussi et je mets le cap dessus. Par contre la 3ème se situe de l'autre coté du lac à 530m et là dans le noir avec l'écume des nageurs et leur bras qui se lèvent de partout, ce n'est pas possible de se repérer. Alors je suis bêtement la ligne d'eau sur le coté gauche. Et je remarque qu'en fait j'ai fait un arc et non une droite. Pour la 4ème on longe à nouveau le bord du lac sur 830m. Mes virages au niveau des bouées se passent bien, je ne suis jamais arrêté par un mur ou un étranglement trop serré, dotant que jusqu'à cette 3ème bouée le troupeau s'est étiré et qu'il y a plus de place pour s'exprimer en amplitude. Je veille à garder une nage souple, à poser la main loin devant et bien respirer (toujours en 2 temps). Entre la 3ème et 4ème bouée je m'aperçois que je ne nage au même rythme que les autres, je vais rester dans ce wagon. Arrivé à la 4ème bouée c'est déjà la fin du premier tour et le jour a commencé à se lever. On voit la foule de gens sur la plage. On distingue maintenant les algues qui tapissent le fond du lac et viennent parfois nous chatouiller les pieds et les mains. Quelques fois des algues arrachées à la surface venaient nous embêter sur la tête, et toujours le souci de bien nager et ne pas perdre de temps à enlever ces mauvaises herbes. On repasse devant le gué et on voit mieux les personnes. Pour ce deuxième tour je trace sur l'extérieur. De la 2ème à la 3ème bouée je ne suis plus les autres qui refont l'arc mais je trace ma droite tout seul. Il me reste ensuite la dernière ligne droite de 830m et un petit virage avec 110m jusqu'à la sortie de l'eau. J'ai bien nagé sans m'être épuisé, à un rythme constant depuis le début. Je nage le plus loin possible jusqu'à toucher le gravier avec la main et il faut se lever et courir. La première épreuve est déjà achevée. Dehors ça caille toujours autant. J'ouvre ma tirette et retire les manches de ma combi tout en courant. Audrey m'aperçoit et m'encourage en me donnant mon temps 1h03 sorti de l'eau. Je m'arrête boire un thé chaud et zou jusqu'à ma chaise où je retrouve logiquement Olivier (super nageur) déjà assis à se changer. On a le temps de s'échanger quelques mots le temps qu'on mette la tenue cycliste manches courtes mais avec manchettes. Olivier part déjà...à tout de suite qu'il me dit. J'enfile mes chaussettes et mes chaussures et c'est l'arrivée de Gilbert qui a m'a étonné d'être déjà là. Suit ensuite Laurent. Je mets mon casque et mes lunettes, je rempli mes poches de barres de céréales et de gels. Et c'est Séb qui arrive pile quand je pars. Je cours jusqu'à la sortie du parc où m'attend Audrey pour m'encourager une dernière fois car là c'est parti pour quelques heures de balades. Le lac se situe à une altitude de 849m. Ca monte direct, comme échauffement y'a mieux. Je me mets en danseuse pour chauffer les cannes. Je passe rapidement beaucoup de monde plus prudent que moi sur le début. Après 2km je reviens déjà sur Olivier qui se ménage. Je lui lance le traditionnel "Pan t'es mort", et on se souhaite bon courage. On se dirige vers le premier petit hameau. On monte par une petite route d'où on aperçoit le plan d'eau qu'on vient de quitter et on distingue aussi les derniers nageurs de galère. Un peu plus loin je dépasse Etienne Caprin qui force l'admiration car quel courage de monter ça avec une seule jambe. Il y avait effectivement une moto avec caméra qui le suivait. Le soleil commence a monter dans le ciel mais notre première partie vélo se passe dans l'ombre et donc dans le froid. Le premier ravitaillement arrive. En fait je découvre que les bénévoles nous tendent des bidons avec soit de l'eau, soit du coca, soit de l'isostar, également des morceaux de bananes ou des barres de céréales. Il suffit de se servir à la volée et de jeter après utilisation. Les bidons ne contiennent qu'une petite quantité de boisson, les gens boivent donc et jettent tout de suite, ce qui permet aux bénévoles de les récupérer pour les re-remplir pour les suivants. Dans cette première portion de vélo, on monte jusqu'à 1300m environ. Il parait qu'il y a même un petit morceau à 23%... je ne m'en souviens pas. Il fait jour mais le soleil ne nous atteint pas. Les routes sont dégradées par endroit mais dans la montée ce n'est pas dérangeant. Avant la descente je m'arrête pour faire une pause pipi. On descend ensuite vers le lac, en passant par de petites routes avec des gravillons par endroit. Dans les descentes je me mets en position aéro aussi souvent que possible. Arrivé en bas on rejoint la route nationale et bien sur la circulation n'est pas coupée, mais à cette heure-ci il n'y a pas foule. On passe le fameux pont du lac qui doit bien faire 1km de long. Je pointe exactement à 8h20 lorsque je suis de l'autre coté du pont, à Savines. Dans le patelin il y a une petite bosse que je monte en danseuse et on se dirige vers Embrun. Devant moi il y a de moins en moins de cyclistes... la file s'est étirée. Sur cette portion de ligne droite je constate sur un drapeau à coté qu'on se prend le vent de face. Arrivé au rond point devant Embrun il y a un monde fou. On bifurque sur la droite en fendant la foule, direction Guillestre. En fait on emprunte une petite route qui passe par des tout petits hameaux. On est protégé du vent. La route monte et descend sans cesse. J'ai un bon rythme.

On passe par des petits tunnels dans la roche.

Arrivé dans la casse deserte, c'est magnifique. On distingue au loin les lacets qui nous emmènent au col. Sur le coté gauche de la route on aperçoit un peu d'herbe, sur le coté droit ce n'est qu'un KO de roche grise. D'un coté le versant ensoleillé et de l'autre c'est l'ombre éternel. Dans les lacets aussi il y a beaucoup de gens. Ils applaudissent, crient et ça me plait. La pente est un peu plus dure dans le dernier KM mais je sais que le sommet est tout proche alors je m'arrache debout sur les pédales.

J'arrive au sommet de l'Izoard à 11h15. On me dit que suis 95è. Un bénévole au sommet me donnent rapidement mon sac avec mon ravitaillement, je prends mon sandwich et mes chips et lui rends le sachet. Un autre me met un journal sous le maillot pour ne pas prendre froid dans la descente. Je prend une barre de céréales, je bois un verre de boisson isostar et un verre d'eau et je repars. La descente est technique avec des virages qui se referment par endroit. Il ne faut pas louper son freinage car ça descend vite. Au max j'ai atteint 79,5km/h. Relance après chaque virage et position aéro. A mi-descente je passe devant un gars qui venait de passer sous la barrière de sécurité... il n'était pas content de lui. La route est toute neuve donc on a un bon feeling. La ciculation est fermée en sens inverse, on peut donc prendre de bonnes trajectoires. J'ai une Clio qui m'a longtemps colé au train, mais elle n'a pu me dépasser qu'une fois arrivée dans les portions plus liéaires. Je me suis fait dépasser par un seul gars dans la descente du col il avait un cuissard avec LAU LAU inscrit derière. Je décide de m'arrêter avant Briançon pour casser la croute et faire pipi. Je mange la moitié de mon sandwich et ça repart.

L'arrivée dans Briançon n'est pas facile. Il y a beaucoup de virages et des voitures. Il faut donc se faufiler et éviter de respirer à plein nez les gaz d'échappement. Briançon capitale du vélo. Après 2-3 ronds point on sort de la ville. Maintenant c'est plat et ça fait bizarre de devoir à nouveau pédaler pour avancer, car on a fait presque 20 bornes de descente. Et là qui c'est que je recroise... LAU-LAU avec le cuissard troué, les fesses à l'air et en sang. Le pauvre il roule moins vite que dans la descente. Je ne sais pas où il est tombé mais ça a du chauffer au fessier, et dire qu'il reste 70km à faire, aie aie aie.

Bon en ce qui me concerne à ce moment là j'ai de serieuses alertes au niveaux des mollets. J'essaye de pédaler plus rond pour palier la baisse de puissance par plus de vélocité... en espérant que ça passe. Je n'ai peut-être pas assez bu, ni assez mangé ? Audrey m'avait donné 2 pilules contre les crampes que j'ai avalées lors de mon arrêt avant Briançon mais je n'ai pas d'effet. Je roule assez fort malgré tout et les gens autour de moi restent les mêmes, d'ailleurs on se taille des brins de causette. Les positions à ce niveau de la partie vélo sont presques faites. Pour en chercher 10 devant il faudrait que je roule 2 km/h plus vite (ce que je ne peux pas) et pareil pour ceux qui sont derrière moi. Et puis ceux qui sont devant maintenant ce sont des gros calibres. Ce qu'il faut c'est ne pas craquer. Et justement il y a de quoi lorsque à l'entame d'un virage sur la droite on découvre un MUR qui s'appelle la cote de palomb. Je reste sur le gros braquet quelques mètres puis très vite je passe tout à gauche (ou presque). La pente fait 16% sur environ 1,5km et on voit loin devant car c'est rectiligne. Il y a beaucoup de monde sur le bas coté, car le public est connaisseur et il sait où se passe le spectable dont nous sommes les acteurs. Les jambes me font mal, je suis souvent en danseuse pour ne pas m'exploser les cuisses. Les gens nous encouragent en criant "encore 200 mètres et c'est bon", mais 200m plus loin un autre nous redit la même chose... c'est interminable. Et enfin nous voici au sommet. On se lance dans une belle descente style "canyon". On arrive ensuite vers l'aérodrome. On a quitté la montagne mais le terrain reste valloné ce qui réveille mes crampes. On traverse la nationale pour reprendre la même route que ce matin mais en sens opposé, je resalue les bénévoles et je remercie le public, qui est toujours là, pour la 2ème fois. Embrun s'approche et je décide de faire une pause pipi avant la descente, j'ai mal au ventre. Je repars.

Au bas de la descente on est amené à traverser un pont avec des planches de bois, ce n'est pas très agréable comme sensation. On rentre dans Embrun pour bientôt en ressortir en direction de la côte du Chalvet. Là je suis à coté d'un espagnol qui me dit des trucs que je ne comprends qu'au tiers, on échange quelques mots et on comprends que c'est une sacré galère pour l'un comme pour l'autre. On monte au même rythme. Il y a encore une fois beaucoup de monde pour nous soutenir. Ca m'a fait plaisir de voir Angela et sa famille. On nous interpelle par nos prénoms à gauche, à droite et c'est motivant. Ah le chalvet est une dernière difficulté de choix... merci les organisateurs. Dans la descente je rattrape une femme accompagnée de 2 motos. En fait c'est la deuxième féminine (rappel : elles sont parties 10 minutes avant nous ce matin). Je suis obligé de me faufiler sur le coté pour les doubler (ce n'était pas très sport de la part des motards). Je descends en trombe. Puis comme il reste 2-3 kilomètres je décide de mouliner un peu pour assouplir les jambes. Ma femme et mes enfants sont là pile en bas de la descente qui m'ammène vers la tribune et la ligne blanche. je mets pieds à terre.

Je cours le vélo à la main vers ma place au parc. Les jambes me font super mal mais je cours. Je suspend mon vélo, enlève mes affaires et je revêts une tenue sèche de la tête aux pieds. Chaussettes spéciales marathon, crème anti-frottement, casquette, lunettes, je prends quelques barres de céréales dans mes poches et zou je repars. Oh j'ai quand même mis plus de 6 minutes pour cette transition. Je cours mais ne sais pas pour combien de temps. On sort du parc à vélo pour suivre un couloir formé par des barrières de chaque coté et une foule bien dense qui nous pousse. Je ne connais personne et pourtant j'ai l'impression d'être presque une star, comme si j'étais en tête de course. Arrive bientôt (ça fait à peine 1km) la 1ère difficulté, qui est une belle montée bien raide, qui fait très mal aux jambes. Le plus simple est de marcher mais je force en trottinant (grosse erreur). En fait on fait le tour du plan d'eau d'Embrun, celui-là même où on a nagé le matin. Le contour se fait sur la digue en prenant garde à ne pas trébucher sur les rochers qui effleurent du sol. Avant le pont, ma famille m'attend pour m'encourager avant la grande boucle. 2ème difficulté le passage autour de l'Eglise pour monter au centre ville (gros pourcentage) je passe là aussi en trottinant. Le passage suivant nous ammène vers le centre ville piétons... et là c'est magique, on passe dans une petite ruelle avec des cafés ou des magasins des 2 cotés, les gens se baladent et sont sur les terrasses entrain de boire l'apéro et ils nous font une ovation qui prend aux trippes... c'est génial. un peu plus loin, après le virage à droite au bout de la zone piétonne, arrive le 2è ravitaillement avec des bénévoles super sympa qui nous ont même mis des bonbons haribo pour nous faire plaisir. Je continue à distribuer des merci comme on m'encourage. A un moment on rejoint la route qui monte au chalvet et donc les triathlètes qui n'en ont pas encore fini avec le vélo. Je reconnais Jean-Marc et on se supporte mutuellement. Là commence une descente vers la digue. Aie ça fait mal aux cannes et je descends doucement. Ensuite la digue, il faut faire un aller retour. L'aller et long et le retour aussi. Sur le retour je croise un de mes collègues Gilbert "Allé mon gars". Gilbert est un costaud. Après la digue on traverse le pont de la durance, on doit en être à environ 13km et on remonte un faux plat vers Baratier. Là j'ai souffert et j'ai craqué puisque j'ai commencé à marcher. A partir de là je ne doublerai plus personne, c'est moi qui serais déposé par un nombre impresionnant de triathlètes. Au ravitaillement suivant les crampes sont telles qu'il faut que je m'allonge (les bénévoles m'ont mis une couverture au sol) un moment. On me sert des gateaux de riz, de la boisson énergétique, j'étais aux petits soins. Et je vois Gilbert qui passe, il ne s'est même pas arrêté pour se ravitailler, je l'encourage mais il ne m'a pas vu. Je sais que je ne le reverrai plus. Bon il faut quand même repartir alors je dis merci et GO c'est reparti pour une marche. Quand j'arrivai devant un groupe de supporters qui chantaient mon prénom je me remettais à courir tant que je pouvais. Et ma cadence variait comme ça de groupe en groupe. Je marchais même dans les descentes, car ça me faisait encore plus mal que dans les montées. 

La suite prochainement en ligne.

 

Mes chiffres :

  Temps classement par discipline
Natation 3800m 1h05'05" 250è
T1 6'24"
Vélo 185km 7h14'53 84è
T2 6'17"
Cap 42,195km 5h23'09 692è
TOTAL 13h55'46" 318è/777 arrivants

A bientôt, Embrunman, pour de nouvelles aventures mieux préparées.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans al-67

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M
Moi je m'en fiche de tes éventuelles erreurs d'orthographe, m'enfin si un pauv' type n'a pu trouver d'autre éclairage pour juger quelqu'un de ta trempe, c'est qu'il ne peut pas aller bien et c'est dommage pour lui.<br /> Je tiens quand même à te féliciter chaleureusement pour ton résultat à l'ironman le plus dur au monde ( et c'est pas moi qui l'affirme). Je n'ai jamais douté de l'issue de cette course te concernant. C'est un peu convenu comme formule mais je te promets que c'est vrai!<br /> Allez, mets-nous en encore plein les yeux à l'avenir car je crois qu'on aime ça!<br /> Marco<br />   
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W
Aless, je suis déçu qu'une telle réaction d'un lecteur puisse arriver, j'espère à ne pas avoir à la croiser un jour au club et d'ailleurs je souhaite fortement qu'il ne fasse pas déjà parti du club ! Un telle mentalité n'a pas sa place au club. Mais c'est hélas le risque d'un blog au même titre que pour un site interactif pouvant aussi devenir un défouloir pour certains anonymes. Heureusement que je connais tun peu plus ton tempérament, je sais que tu n'a qu'en faire de ces propos gratuits. L'auteur en question qui sans nul doute a le verbe facile n'a qu'a se mesurer pourquoi pas sur un tri mais cette fois-ci avec tes armes à savoir la disponibilité, la générosité dans l'effort et un énorme coeur.<br /> Un fighter sait rebondir pour repartir plus fort !
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